Sa réponse n’a jamais changé.
« L’itinéraire est sous ma responsabilité. »
Pour moi, ce n’était qu’une simple tournée de journaux. Une petite routine tenace qui semblait définir les limites de sa retraite.
Puis, il y a six mois, l’inévitable s’est produit.
Il était à mi-chemin de sa tournée du dimanche – l’édition la plus épaisse – lorsqu’il a été victime d’une crise cardiaque. Rapide. Soudaine. Il s’est effondré sur le trottoir de Maple Street, une main posée sur les journaux empilés, l’autre pressée contre sa poitrine.
Les funérailles étaient intimes. Silencieuses. À l’image de Patrick.
Des voisins sont arrivés. Quelques vieilles amies de ma mère. Moi. Nous sommes restés là, sans savoir quoi faire de nos mains ni de notre chagrin, quand un homme en costume impeccable – un peu trop neuf – est entré. Il détonait un peu. Il ne manifestait pas ouvertement son deuil. Il avait l’air plus… officiel.
Après la cérémonie, il est venu directement vers moi.
« Monsieur Hayes ? » demanda-t-il en tendant une main manucurée. « Martin O’Connell. J’étais le directeur de Patrick au Town Herald . »
Je l’ai remercié, surpris qu’il soit venu. « Il était très dévoué. »
Martin hésita, puis se pencha plus près et baissa la voix.
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