Ma sœur cadette, Camille, et moi avons grandi dans un orphelinat.
Nous n’avons jamais connu nos parents biologiques. Nous avons été placés là-bas si jeunes que je ne me souviens même pas de leurs visages.
Tout ce que j’avais… c’était Camille.
Nous étions toujours tous les deux contre le monde.
Jusqu’au jour où tout a changé.
J’avais huit ans lorsqu’une famille est venue chercher un enfant à adopter. Ils ne voulaient pas de frères et sœurs. Ils n’en voulaient qu’un seul.
Pendant des années, personne n’avait jamais choisi deux enfants ensemble.
Alors ils m’ont choisi.
Et on m’a emmené — seul.
Je me souviens encore de la dernière fois où j’ai tenu Camille dans mes bras. Elle s’accrochait à moi, pleurant à chaudes larmes, me suppliant de ne pas partir. À travers mes propres larmes, je lui ai promis quelque chose que je ne savais pas comment tenir.
Qu’un jour je reviendrais la chercher.
Je ne voulais pas y aller.
Mais la décision ne nous a jamais appartenu.
Des années plus tard, devenue adulte, j’ai essayé de la retrouver.
Je suis retournée à l’orphelinat, espérant trouver des réponses, mais on m’a dit que Camille avait elle aussi été adoptée. Son prénom avait été changé. Son nom de famille aussi.
Après cela… toutes les pistes ont disparu.
Chaque recherche s’est terminée de la même manière.
Rien.
Trente-deux ans s’écoulèrent.
J’ai construit une vie. Une carrière. Une famille.
Mais pas une seule année ne s’est écoulée sans que je pense à elle.
Pas un seul.
Puis, la semaine dernière, tout a basculé.
J’étais en voyage d’affaires dans une autre région, épuisé après une longue journée, lorsque je me suis arrêté dans un supermarché.
C’est à ce moment-là que je l’ai vue.
Une petite fille – peut-être neuf ou dix ans – debout sur la pointe des pieds, essayant d’attraper une boîte de biscuits qui est juste hors de portée.
Et à son poignet…
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