Après cinq ans passés à le nettoyer, à le soulever et à être son infirmière à plein temps, j’ai surpris une conversation entre mon mari paralysé et un inconnu. Il disait que j’étais sa « servante gratuite » et qu’il ne me laisserait pas un sou.
Dire cinq ans à voix haute paraît presque anodin, comme un petit chapitre vite tourné. Pourtant, quand ces cinq années se mesurent non pas en calendriers, mais en couloirs d’hôpital, en horaires de renouvellement d’ordonnances et en cette odeur tenace d’antiseptique qui imprègne les vêtements, le temps ne s’écoule plus normalement. Il se fige. Il … Lire plus